Un jeune athlète pratique la course de longue durée depuis plusieurs années. Malgré une participation régulière aux compétitions, ses performances restent modestes. Il trouve des difficultés à maintenir un rythme régulier, ressent une fatigue musculaire précoce même après plusieurs cycles d'entraînement. Son entraîneur pense que ces difficultés viennent surtout du fonctionnement de ses muscles, qui ne sont peut-être pas assez adaptés à l'effort.
Pour identifier l'origine des difficultés observées chez ce jeune athlète, on propose les données suivantes :
Donnée 1 : À la fin du XIXème siècle, des chercheurs ont observé chez le lapin la présence des muscles colorés en rouge et d'autres plus pâles. Ils distinguent deux types de fibres musculaires I et II, dont les caractéristiques sont résumées dans le document 1 :
| Type de fibres |
MDH SDH* |
LDH* |
Nombre de mitochondries |
Vitesse de contraction |
Résistance à la fatigue |
Production d'énergie |
| Type I |
+++ |
+ |
+++ |
Lente |
+++ |
+++ |
| Type II |
+ |
+++ |
+ |
Rapide |
+ |
+ |
| +++ élevé + faible |
| *SDH et MDH : Enzymes du cycle de Krebs. *LDH : Enzyme catalysant la transformation du pyruvate en lactate. |
| Document 1 |
1. En vous basant sur les données du document 1, comparez les caractéristiques des deux types de fibres, et déduisez la voie métabolique dominante pour chaque type de fibre. (1 pt)
Le document 2 présente un schéma simplifié issu d'une observation microscopique de coupes transversales au niveau du muscle du quadriceps, mettant en évidence la répartition des différents types de fibres musculaires chez le jeune athlète et chez un marathonien performant.
Image: Document 2
Image temporairement indisponible
Légende :
- ■ Fibres de type I
- □ Fibres de type II
Document 2
2. En vous basant sur le document 2 et les données précédentes, comparez l'abondance des deux types de fibres musculaires chez le jeune athlète par rapport au marathonien, puis montrez que les muscles du jeune athlète ne sont pas adaptés à la pratique des sports de longue durée. (0,5 pt)
Donnée 2 : L'acadésine ou AICAR est une molécule principalement utilisée en recherches biomédicales. En plus de son effet sur le métabolisme cellulaire, les chercheurs ont émis l'hypothèse que « l'AICAR améliore aussi les performances musculaires lors d'efforts prolongés en favorisant la conversion des fibres musculaires d'un type à l'autre ».
Des expériences ont été réalisées pour étudier ses effets possibles. On a réparti des souris en deux groupes :
- Groupe témoin : n'a pas reçu d'injection d'AICAR.
- Groupe test : reçoit pendant plusieurs semaines des injections répétées d'AICAR.
À la fin du traitement, on fait courir les souris sur un tapis roulant jusqu'à l'épuisement avec un protocole identique pour les deux groupes. Le document 3 présente les résultats obtenus :
- La figure (a) : la durée de l'effort (temps avant épuisement) en minutes (min) ;
- La figure (b) : la distance parcourue en mètres (m).
Légende : □ Groupe témoin non injecté par AICAR ■ Groupe test injecté par AICAR
Document 3
Des prélèvements musculaires ont été analysés chez les souris traitées (groupe test) avant et après l'injection d'AICAR, et grâce à une technique de coloration appropriée, on a estimé les proportions de fibres de type I et de type II. Le document 4 présente les résultats obtenus.
|
Avant traitement avec AICAR |
Après traitement avec AICAR |
| Proportion de fibres de type I (%) |
55 |
65 |
| Proportion de fibres de type II (%) |
45 |
35 |
| Document 4 |
3. En vous basant sur les documents 3 et 4, déduisez l'effet de l'AICAR sur la performance et la composition du muscle en fibres, puis vérifiez la validité de l'hypothèse formulée par les chercheurs. (0,5 pt)
Donnée 3 : Afin d'étudier un autre effet d'AICAR sur les enzymes impliquées dans les réactions de production d'énergie au niveau cellulaire, des fibres musculaires ont été prélevées chez les mêmes groupes de souris. Les enzymes ont ensuite été extraites, puis leur activité a été mesurée in vitro.
- La figure (a) du document 5 présente les résultats de la mesure de leur activité enzymatique chez les deux groupes.
- La figure (b) présente les principales voies métaboliques de dégradation du glucose, conduisant à la production d'ATP, et les sites d'action de trois enzymes (LDH, MDH, SDH).
|
SDH |
MDH |
LDH |
| Groupe témoin non injecté par AICAR |
+ |
+ |
+++ |
| Groupe test injecté par AICAR |
+++ |
+++ |
+ |
| +++ Élevée + Faible |
| Figure (a) |
Image: Figure (b) - Voies métaboliques
Document 5
4. À partir du document 5, comparez l'activité enzymatique chez les deux groupes de souris, puis déduisez l'action de l'AICAR sur chacune des deux voies métaboliques. (0,5 pt)
Avant son interdiction en 2009 par l'Agence Mondiale Antidopage, l'AICAR était utilisée par certains sportifs dans le but d'améliorer leurs performances, notamment dans les disciplines nécessitant un effort prolongé.
5. À partir des données précédentes, et en tenant compte des difficultés rencontrées par le jeune athlète, expliquez comment l'utilisation d'AICAR peut améliorer ses performances dans les sports de longue durée. (0,5 pt)